Rencontre à l’habitat groupé du Gille Pesset
Compte rendu de la rencontre à l’habitat groupé du Gille Pesset à Betton le 26/04/08
La rencontre a eu lieu chez Yves et Marie France ARNAUD.
Etaient présents notamment des membres du projet d’habitat groupé « Les Petites Perrettes », des membres du projet d’habitat groupé « Les Graines Urbaines », un chargé de mission du CRIJ, 2 représentants du réseau « Eco Habitat Solidarité ».
Le Gille Pesset, origine et concept
Le Gille Pesset a vu le jour en 1971, les premières réflexions quant à l’élaboration du projet ayant été amorcées dans la première moitié des années 1960. Le Gille Pesset compte aujourd’hui 7 maisons sur 31 000 m2 (dont 16 000 urbanisables).
Yves et Marie France ARNAUD définissent le Gille Pesset comme étant une co-propriété horizontale alliant partie privative et espaces communs.
A l’origine 4 couples souhaitent développer un mode d’habitat plus solidaire permettant de limiter la spéculation immobilière. Si le groupe initial se dissout dans un premier temps, le projet est relancé par l’acquisition d’un terrain sur la commune de Betton (Ille et Vilaine).
Le projet du Gille Pesset n’est pas la constitution d’un habitat communautaire mais « un habitat à relation sociale dense et solidaire, mais chacun chez soi », le projet distingue donc partie collective et privative.
L’idée du Gille Pesset est la maîtrise collective de la conception du projet d’habitation et sa gestion collective par la suite, le seul professionnel étant intervenu lors de la phase d’élaboration est un architecte (à noter tout de même qu’un des membres du groupe avait une formation juridique).
Financement
Le droit français privilégie systématiquement la propriété privée à la propriété collective. Les difficultés rencontrées sont liées à une difficulté de perception du projet par les acteurs institutionnels. Qu’une famille construise une maison individuelle est quelque chose de connu par ces acteurs, qu’un promoteur construise plusieurs logements pour plusieurs familles correspond là aussi à un schéma connu. Mais lorsque plusieurs familles se regroupent pour effectuer par elle même un travail de promoteur les banques sont réticentes à prêter de l’argent.
La réponse donnée à l’époque par les acteurs financiers est « on vous aurait prêté si vous étiez promoteur ».
Régime juridique
Le Gille Pesset est une co propriété « des plus classiques » au dire de Yves et Marie France ARNAUD, alliée à un syndic bénévole pour la gestion des parties communes.
Une SCI a été constituée à l’arrivée de nouveaux entrants afin que les délibérations soient facilitées.
Gestion collective
Le Gille Pesset comprend une salle commune (« beaucoup utilisée par les enfants des familles à l’époque ») permettant à la co propriété de se réunir. Elle est aussi utilisée par les familles individuellement sur demande aux autres membres du groupe.
Pendant un temps, chaque famille à tour de rôle préparait le repas pour l’ensemble du groupe.
La fête annuelle du Gille Pesset perdure aujourd’hui.
Enfin les espaces verts, parties communes, sont entretenus collectivement. Une partie du matériel nécessaire à l’entretien est collective. Pendant un temps, les machines à laver étaient aussi communes.
A lire : « Habitat Autogéré – Mouvement pour un Habitat Groupé Autogéré »
- éditions alternatives/ Syros – collection Anarchitecture – Juin 1983.
Cet ouvrage expose les réflexions de MGHA et propose un tour de France de l’habitat groupé.
Plusieurs projets sont déclinés sous forme de fiche dont le Gille Pesset.
Merci à Matthieu Theurier pour ce compte-rendu.
Le site Eco Habitat Solidarité
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